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« Un an d’aide après le tsunami : sûrement, lentement »
26/12/2005

« Les nouvelles et les images venues d’Asie dès le lendemain de Noël 2004, il y a exactement un an, nous avaient bouleversés. Tout comme un demi-million de concitoyens nous avons fait un don à Tsunami 12-12, l’action commune des grandes organisations d’aide humanitaire belges.

Un soir de septembre notre téléphone a sonné. La proposition nous a été faite d’aller jeter un coup d’œil au Sri Lanka ou en Indonésie pour constater ce qui a été fait de notre don et de ces millions d’euros.
Après un moment d’incrédulité, la décision fut vite prise. Les responsables de Tsunami 12-12 ont décidé de prendre le ‘risque’ de nous envoyer sur place pour se rendre compte de l’aide mise en place. Nous formions deux groupes indépendants de donateurs tirés au hasard et de profils totalement différents. Nous n’avions pas toujours la même façon de voir les choses mais le respect de l’autre a toujours prévalu. D’ailleurs, en fin de compte, nos opinions convergeaient. Ce ne fut pas un voyage touristique ; la semaine fut exténuante, le programme lourd.

Sur la côte au sud du Sri Lanka, les organisations du monde entier se côtoient dans la plus grande fraternité. Un excellent travail a déjà été fait : on a fourni de la nourriture, des millions de litres d’eau potable, des soins médicaux, des logements temporaires à ceux qui en avaient rudement besoin. En les faisant travailler à la construction de maisons temporaires comme salariés, les rescapés sont impliqués.
Le revenu et l’occupation leur permettent d’oublier un instant leurs traumatismes et les problèmes que le futur leur prépare. La construction de maisons définitives a été lancée en collaboration avec les habitants eux-mêmes, parfois déjà dès février 2005. Au Sri Lanka, la reconstruction ne concerne pas que des maisons mais aussi les communautés, qui doivent pouvoir continuer seules plus tard. Chaque famille est consultée pour apprendre quels sont les problèmes : d’ordre matériel (la perte d’une machine à coudre, d’un bateau, d’un moulin à fibres de coco…) ou social (problème d’alcool, dépressions, maltraitance et oppression de la femme…). Les victimes sont, dans les yeux des organisations humanitaires, d’abord et avant tout des êtres humains et non des « bonnes causes ».

A Aceh (Indonésie), la confrontation avec la réalité est plus choquante que ce que nous montraient les médias l’an dernier. Pourtant ici aussi, grâce à une immense solidarité, le pire a été évité. La reconstruction se met en route mais les travaux avancent plus lentement. N’oublions pas qu’Aceh était en guerre jusqu’il y a peu. L’attente est pénible pour les habitants des camps. Elle les a rendus apathiques. La lenteur de la reconstruction est aussi due à l’ampleur de la catastrophe : c’est ici que le tsunami a frappé avec le plus de force. Une grande surface ne peut plus être construite. Le nombre de délogés est énorme. Comment prouver qu’un lopin de terre t’appartenait ? Les gens doivent-ils contribuer aux frais ? Qui auront droit aux premiers logements ? En plus, il faut faire très attention à ne pas défavoriser ceux qui n’ont pas été touchés. Sans compter que les ONG doivent se tenir aux normes et consignes établies par les autorités. Cette collaboration n’est pas toujours évidente. La région ne connaît pas de tourisme qui aurait pu être un facteur stimulant.

Les organisations humanitaires ne fonctionnent pas tous selon la même logique. Chacune a son identité et sa spécialisation. La Croix Rouge a été très efficace pour les secours d’urgence et elle construit des maisons de façon bien réfléchie. Oxfam est spécialisé en approvisionnement en eau potable et en revitalisation des communautés à moyen terme. Caritas International est actif dans des domaines très diversifiés de l’aide humanitaire. Grâce à Handicap International, les handicapés, victimes du tsunami ou non, sont enfin reconnus. UNICEF a permis aux enfants de retrouver leurs bancs scolaires à peine quelques semaines après le drame et de recevoir un traitement de leurs traumatismes. Les approches sont donc différentes, mais tout est fait de façon très professionnelle, engagée et concertée, tant avec la population qu’entre les ONG et avec les autorités. Quasi tous nos contacts avec les victimes et avec les communautés locales ont fait ressortir la confiance en ces organisations.

Nous étions tous partis avec des questions, parfois des préjugés mais surtout avec une bonne dose de méconnaissance concernant un tel désastre et la mise en place de l’aide humanitaire. Il nous a manqué de temps pour visiter tous les sites et les projets. Toutefois, nous avons pu poser partout nos questions aux responsables locaux. Presque toutes ces questions ont reçu des réponses franches et exhaustives. Nous avons parlé à de nombreux bénéficiaires, surtout en Aceh.
A l’unanimité des témoins, nous avons ressenti l’assurance totale de la bonne utilisation des fonds de Tsunami 12-12.

Nos observations montrent l’importance d’avoir encore de l’argent disponible. Bien sûr, à certains endroits, comme en Aceh, la reconstruction se met en route avec plus de lenteur. Mais nous en avons compris les raisons. Nous avons surtout été convaincus de l’importance de fournir un travail de qualité, ce qui demande du temps. Nous avons entendu parler de programmes, souvent des initiatives privées bien intentionnées, lancés trop vite et irréfléchis. Rendre les gens acteurs de la reconstruction de leur propre vie est essentiel mais souvent lent. Respecter les lois et réglementations locales est parfois dérangeant, quelques fois enrageant mais élémentaire. Nous ne tolérerions pas non plus que des étrangers viennent chez nous construire n’importe où après un désastre.

Ici, la reconstruction veut dire aussi et surtout : reconstruire la communauté, rétablir le tissu social et remettre sur les rails le développement socio-économique. Ce processus prendra encore plusieurs années.
Nous pouvons témoigner qu’une aide humanitaire permettra à terme, grâce à des moyens financiers suffisants (comme ceux de Tsunami 12-12), de faire sortir les survivants de leur pauvreté structurelle. A notre retour de voyage, le tremblement de terre au Pakistan était à la une de tous les médias. L’image de ce désastre fut source de grande frustration, car ces mêmes moyens ne sont malheureusement pas disponibles pour toutes les victimes d’une catastrophe naturelle ou d’une crise humanitaire…
Il n’y a pas trop d’argent. Il n’y en a jamais assez. »

André Lequime , Colette De Wilde , Christel Vos , Christianne Gestels , Erwin Delvaux , Guy Vandevelde , Jan Van Landeghem , Pascale Campens , Rodolphe de Lamine, Sieg Monten , Yves Panneels