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“Je vois toujours ma maison en train de disparaître sous l’eau “
20/09/2010

Muzaffarghar, Punjab, au beau milieu du terrain de la High School : ici, plus de 55 familles s’entassent et se partagent 35 tentes. Dans ce camp de fortune, une petite tente sert d’école et accueille tous les enfants. Pour certains, c’est la première fois. Et là, dans ce capharnaüm, le petit Mohammed Mbilal nous sourit. Un sourire franc. Malgré tout.

Mbilal, comme tout le monde l’appelle ici, raconte son histoire avec la maturité d’un adulte. “C’était la nuit, mon père a crié, j’ai entendu le bruit de l’eau puis vu l’eau qui commençait à rentrer dans la maison. Il y en avait jusque-là!” Il montre son cou. “Nous étions cinquante dans la maison. Il y a ma famille, mes parents, deux sœurs, deux frères et moi, le plus âgé. Mais aussi tous les cousins, les tantes, les oncles, les grands-parents. Nous vivons tous ensemble. On a d’abord été de maison en maison mais chaque fois l’eau nous rattrapait. Alors on est parti plus loin et mon père a loué une voiture. Celle-ci a fait des allers-retours pour transporter tout le monde.”
Une psychologue est à l’écoute des enfants dans ce camp. Mbilal nous confirme que le traumatisme est toujours bien présent : “Je vois toujours ma maison en train de disparaître sous l’eau. Si je pleure ?”, il est gêné, “oui, j’ai pleuré quand la maison a disparu. Mais maintenant, ça va mieux. Mes petits frères et sœurs pleurent encore et font des cauchemars mais moi pas, c’est fini.” Cela fait déjà trois semaines que Mbilal et toute sa famille sont là. Ils ne savent pas encore jusqu’à quand, tout dépendra du moment où l’eau se retirera.