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Consortium 12-12

Optimaliser les moyens pour une aide rapide et efficace

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Et si toute l’aide pour Haïti ne servait à rien?
14/01/2014

“Le documentaire de Raoul Peck «Assistance mortelle» (2013) témoigne de la frustration du gouvernement haïtien et des populations locales face à l’intervention de la communauté internationale suite au séisme du 12 janvier 2010. Des citoyens ayant modestement ou très généreusement voulu participer à la reconstruction d’Haïti, doutent aujourd’hui de la pertinence de leur don et nous interpellent.

Quelques précisions et nuances devraient leur permettre de se forger leur propre opinion.
Beaucoup d’ONG de développement, comme Geomoun, travaillent en Haïti depuis de nombreuses années (bien avant le séisme) en cherchant à inscrire leur action dans une perspective de partenariat et dans la durée. Leur expérience sur le terrain, en dehors de l’urgence humanitaire, leur permet aujourd’hui de faire le constat suivant : l’Etat haïtien n’a pas attendu le séisme pour être totalement déliquescent. Ce manque d’Etat a été et demeure la principale difficulté pour coordonner l’aide humanitaire et les projets de développement. Quels sont précisément les priorités et les défis de l’Etat haïtien ? Quand et surtout comment en rendra-t-il compte ?

Les ONG de développement souhaitent travailler de concert avec les autorités et organisations haïtiennes, non pas pour faire plaisir à leurs bailleurs mais pour ancrer définitivement les projets locaux qu’elles soutiennent au cœur de l’action du pays. Le travail de fourmi des ONG de développement, bien loin des spots médiatiques des grandes catastrophes humanitaires, œuvre jour après jour, projet après projet, vers une responsabilisation de l’Etat haïtien.

L’autre grande critique vise le “grand gaspillage” de la générosité de nos concitoyens après le séisme.
Au-delà des dysfonctionnements structurels liés notamment à l’ampleur de la tâche et à l’absence d’Etat en Haïti, le travail réalisé sur le terrain dans des conditions épouvantables par des ONG humanitaires mérite mieux que des présentations à charge.

Et pourquoi ne pas parler alors des 4 millions d’euros que le Consortium 12-12 n’avait pas dépensés dans le cadre des actions des ONG humanitaires et qu’il a distribués aux ONG de développement, moyennant la preuve d’un travail de plus de 3 ans en Haïti et un réel projet avec un partenaire local ?
Une dizaine d’ONG de développement ont bénéficié de ce financement. Pour Geomoun, ces fonds ont notamment permis de participer au relogement (réparation, reconstruction, location,…) des 57 employés des Timkatec, à prendre en charge pendant 3 ans les soins de santé – physiques et mentales- qui s’imposaient, à engager une infirmière, une assistante sociale pour mieux encadrer et épauler les enfants et leurs familles.
Aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à ce financement exceptionnel libéré dans un temps record et loin de toute bureaucratie chronophage, que notre partenaire, la TIMKATEC, poursuit son travail d’accueil, de formation de base et professionnelle, pour 600 enfants et jeunes et 57 employés qui ont pu être aidés lorsqu’ils en avaient absolument besoin.
Alors, gaspillage ?
Si des dérives existent et doivent être corrigées, que ces dérives ne soient pas l’arbre qui cache la forêt. En vous mobilisant pour le développement, vous plantez cette forêt dont le monde, dans son ensemble, ne peut faire l’économie.”

Cécile NUYT
Administratrice déléguée de l’ONG GEOMOUN.